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 Et si ? Tzigane ! 
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(alias Twilight)
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Âge : 25 ans
Activité : Majordome de la famille
» Et si ? Tzigane !
Ce n’est pas parce que je suis un majordome actuellement que je n’aurais pas pu être autre chose. Imaginez une seconde que je ne sois pas celui que vous connaissez mais un tzigane comme Cassandre. Que je ne sois pas au manoir Van Kraft, mais sur les chemins comme tout tzigane qui se respecte ? Dans ce cas quelle aurait été la rencontre avec eux ? Les Nyx !

Bien entendu, cette rencontre n’aura jamais lieu, mais sait-on jamais …


Le cheval s’arrête sur le bord du chemin alors que je les vois. Ils sont là, d’autres comme moi, des parias qui ne sont pas appréciés pour ce qu’ils sont mais qui sont rejetés pour ce qu’ils ne sont pas. Non, je ne dois pas dire ils, mais nous, car je suis l’un d’entre eux je le sais, je le sens.

La troupe est petite et étrangement constituée. Je ne peux manquer de remarquer l’homme, le géant même, il est là, immobile dans toute sa force et sa splendeur. A ses côtés une femme, je ne peux pas me tromper même à cette distance, son attitude hurle qu’elle est une femme. Les deux ne semblent pas surveiller la petite fille mais je sais qu’ils la couvent du regard. Elle est assez mignonne avec ses cheveux volant dans le vent. Et enfin une dernière silhouette, quelqu’un qui ne semble pas vouloir être vu ni même remarqué mais qui a quelque chose qui m’interpelle.

Je descends de cheval et j’attache l’animal à l’arbre le plus proche alors qu’il s’éloigne. Je le suis avec discrétion, je ne sais s’il m’a repéré mais il ne semble pas décidé à se cacher. Oui, il, cela aussi j’en suis certain. Il est là, seul pour satisfaire je ne sais quel besoin. Il se serait éloigné sans cette mallette à la main que je ne me serais pas permis de le suivre, mais là, je sais qu’il y a à apprendre. Ce qui me pose problème c’est ce que je vais apprendre ?

Il s’arrête enfin et retire sa capuche, je vois tout d’abord ses cheveux, noirs et longs, les miens aussi sont longs mais plus pâles, nettement plus pâles. Je constate alors qu’il se tourne dans ma direction, certainement pour vérifier qu’il n’est pas suivit, qu’il porte un bandeau rouge dans les cheveux. Ses yeux noirs se posent sur l’emplacement que j’occupe et même si je suis certain d’être presque invisible derrière les fourrés, je ne peux m’empêcher de sentir ses yeux me percer.

Ainsi il sait ! Il sait et il sent que je suis là mais il ne dit rien. Il doit penser qu’il s’agit de l’un de ses compagnons. Il ouvre la mallette comme s’il s’en fichait finalement d’être observé et je pense que c’est le cas. Puis je le vois sortir la seringue et là je comprends. Il n’est pas question qu’il l’utilise pour le moment. Je veux d’abord voir ses yeux et voir s’il est si intéressant de près que de loin.

Je sors un couteau de ma poche et je le lance vers la seringue. Il a l’air de s’y attendre car il l’éloigne avant que l’arme ne puisse l’effleurer. Mais là j’ai son attention. Je peux sortir et je sais qu’il va au moins m’écouter.

Je m’avance sous son regard qui ne change pas, il est en manque et bien tant pis pour lui. Je n’agis pas comme il le souhaite, je n’en ai rien à faire. Ce que je veux pour le moment c’est lui parler. Je suis un solitaire, mais là, je pourrais avoir besoin d’autres tziganes pour m’accompagner.

- J’ai besoin que tu sois en forme pour te parler. Ensuite tu feras ce que tu veux. Je me nomme Léandre et j’aimerais …

Dieu que c’est difficile à prononcer, je me sens humilié de devoir mendier ainsi mais j’ai besoin de lui.

- Je voudrais accompagner ta troupe.

Voila c’est dit, sa réaction me montrera si j’ai une chance ou non. La femme aurait peut-être été plus facile d’approche, mais je répugne à m’humilier devant la troupe entière sans garantie. La balle est dans son camp et il va me répondre, ça je le sais et je le veux.

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Ven 1 Mai 2009 21:05
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Âge : 22 ans
Liens : Tsigane - Frère Jumeau d'Alecto
Activité : Prestidigitateur
» Re: Et si ? Tzigane !
Il va venir.

Il va venir.
Seul. Il ne devrait pas être seul. C'est une erreur.
Il va venir.
C'est pour ça qu'il vient.
Il vient.
Il est là.
Il est derrière moi.
Derrière moi. Là. Je sais que tu es là.
Tu es là.
Viens. Sors de là. Montre toi.
Le couteau. La lame. La seringue.
Montre toi maintenant.
Montre toi.

Voilà... L'imposteur. Le Tsigane Factice. Ses longs cheveux pâles...
Il n'a pas rencontré Alecto. Il s'est détourné d'elle. Il a honte. Il veut nous accompagner.
Pourquoi ? Pourquoi te faire confiance, Léandre ?
Sa voix à quelque chose d'étrange. Je ne sais pas pourquoi il est là. Ce qu'il fait. Ce qu'il veut.
Il attends que je lui répondre. Que je réponde...

Je referme ma mallette de médecin et me détourne de lui en esquissant un geste des doigts pour l'inviter à me suivre. Lui tourner le dos ne me semble pas risqué, au vu de son corps et de son maintient, ce n'est pas un homme de combat. Pourtant il y a quelque chose...
Je ne me retourne pas, mais je sais qu'il récupère son couteau qui s'est planté dans un arbre. Son bras a assez de force pour l'avoir envoyé de si loin. Et il n'aurait pas manqué sa cible. Méfiance.
Il me suit maintenant. Il me pose une question. Une autre. Inutiles. Je n'y répond pas. Un soupir de frustration s'échappe de ses dents serrées.
J'entends ses pas traduire sa honte grandissante alors que nous approchons d'Alecto.
Je comprends maintenant. Il s'est approché de moi par peur d'être rejeté. Étrange homme... il n'a pas l'attitude d'un Tsigane. Ni assez arrogant, ni assez discret... Et que fait il seul ?

Ma sœur fronce un peu les sourcils en nous voyant approcher. Elle s'avance en fixant Léandre d'un air indécis, hésitant. Est-il Tsigane ? Il en a l'air... Il en a l'Air.
Ses yeux noirs me questionnent, je me penche vers son oreille pour lui murmurer ce qu'elle veut savoir. Il veut rejoindre la troupe.
A mes mots, son nez se plisse, elle grimace et regarde de nouveau Léandre.
Je sais qu'elle ne peut l'accepter. Ses gestes se font déjà hostiles, elle va le repousser. La confiance d'Alecto est difficile à gagner...
Quelque chose pourtant... Quelque chose me pousse à saisir doucement son poignet, pour retenir son mouvement.
Attend Alecto. Ne le rejette pas tout de suite. L'avoir sous les yeux sera sans doute plus judicieux que le savoir à rôder seul. S'il a pu nous trouver une fois, il saura nous trouver encore. Tu sais bien que ce serait trop me demander...
De nouveau, je me penche à son oreille.

« J'aurais un œil sur lui. »

Alecto me lance un regard perçant. Contrarié. Elle a confiance en moi, mais l'idée lui déplait. Elle ne prendra pas la peine de s'en cacher.
A quelque pas, Demetrius n'a pas quitté Léandre des yeux. Il tient dans sa main celle de Nausicaa, et son silence pesant ne s'ébranle pas plus que lui.
Je me tourne vers l'étranger aux cheveux pâles, qui semble de moins en moins à son aise. Il me regarde pourtant, évitant soigneusement l'air mauvais d'Alecto.
Un signe de tête.

Il a compris.

Je me détourne encore, et m'éloigne de nouveau des autres.
Derrière moi, j'entends les pas de Léandre me suivre.

Étrange...
Étrange homme.


Ven 1 Mai 2009 22:30
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Âge : 25 ans
Activité : Majordome de la famille
» Re: Et si ? Tzigane !
Il ne me fait pas confiance et je ne peux pas l’en blâmer, moi non plus je ne ferais pas confiance à un mendiant. Car c’est ce que je suis, pas dans mon allure mais dans mes actes. Je mendie ma place parmi eux. Pourtant je pourrais ne pas le faire, être comme toujours, sûr de moi. Mais là je ne le peux pas, pas encore, pas ici. Je dois quitter les lieux et eux seront mon aide.

Sans compter que j’ai entendu parler d’eux, lui le prestidigitateur muet et ses compagnons. En tout cas j’ai bien compris qu’il n’était muet qu’en présence des autres, avec elle il parle et avec moi il parlera aussi, je me le suis promis. Je le suis alors qu’il marche et après avoir semble-t-il arraché ma place avec eux, je ne peux me résoudre à rester parmi cette troupe qui n’est et ne sera jamais la mienne.

Je marche quelques instants après lui et je sens qu’il n’aime pas que je sois si proche. Pourquoi ? Qu’as-tu à cacher ? Si tu crois pouvoir rester un mystère tu te trompes. Il n’est rien de plus pénible que les mystères autour de moi. Et quand je dis pénible, je parle bien entendu pour les autres. Pour moi c’est une simple question de curiosité, ma vie certainement …

Il marche assez lentement et je sais que je pourrais le rattraper mais non, je vais plutôt tenter d’entendre sa voix.

- Pourquoi repartir ? Tu sais, je ne vais pas pouvoir rester avec eux. Ils ne m’ont pas accepté et toi si. Dois-je y voir une insulte ?

Muet ? Non, tu n’es pas muet, tu parles j’en suis certain. Et tu vas parler ça je peux te l’assurer.

- Ou alors tu me trouves si pitoyable ?

Oui, sa compassion m’exaspèrerait fortement, j’espère qu’il n’est pas de ce genre. Mais je pencherais plutôt pour un instinct protecteur envers les autres. Les autres, non ! Envers elle !

- Ne t’en fais pas, je me ferais apprécier d’eux. Même elle finira par me faire confiance. Et pourquoi ne finirait-elle pas par se rapprocher de moi.

Je sais qu’il va être énervé par mes mots s’ils sont trop violents envers elle. Je ne veux pas qu’il soit plus qu’énervé, il doit rester à la limite de l’agression pour parler. Cela a toujours fonctionné et cela fonctionnera toujours.

- Enfin, si ça ne te gène pas bien entendu. Mais comme tu as l’air de te taire et de ne pas t’en faire …

Terminer ses phrases sur une impression d’incertitude, sur une menace voilée, sur une promesse. Voila quelque chose d’important. Pourquoi ne parle-t-il pas ? C’est donc si difficile pour lui d’articuler ou bien est-ce à cause de la seringue ?

- J’ai mon cheval qui m’attends, viens avec moi le chercher !

Je m’approche et pose ma main sur son bras, je ne vais pas le laisser partir. Il va marcher à mes côtés, j’en suis certain. Pour moi c’est un enfant, un enfant perdu qui doit dissimuler trop de choses. Et bien toi, enfant perdu, je vais t’apprendre à grandir, et pour cela, il te faudra apprendre à parler.

Je l’entraine par le bras, je ne sais pas s’il va réagir mais moi, j’y suis préparé. Quelques mètres et mon cheval sera là.

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Sam 2 Mai 2009 18:06
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Âge : 22 ans
Liens : Tsigane - Frère Jumeau d'Alecto
Activité : Prestidigitateur
» Re: Et si ? Tzigane !
Il parle beaucoup.
Il dit des choses qui n'ont pas vraiment de sens. Il est impatient. Frustré. Persévérant.
Ses allusions au sujet de ma sœur n'ont pas le moindre sens. S'il savait.
Il cherche à provoquer une réaction. Inutilement.
Encore ce besoin qu'ont les gens de faire du rien avec du rien pour combler leurs angoisses infondées.
Il s'échauffe, pourtant, face à mon silence. Il me parle de son cheval, et sa main... se pose sur mon bras. Il cherche à m'entrainer dans une direction. L'idiot.

Le voilà un genoux au sol, maintenant. Il masse son poignet, l'air surprit. Tu as cru que j'allais te laisser me conduire où bon te semble ?
Je l'aide à se relever. Rester à terre ne sert à rien, même quand on est surprit. Même quand on a mal. Je ne lui ai brisé aucun os après tout.
Il me regarde d'un œil méfiant. Comme s'il me prenait pour un fou. Comme s'il regrettait quelque chose.
Il parle encore, bien sûr.
Je devrais peut être sourire. Ou dessiner une expression sur mon visage. Ça le rassurerait.
Tant pis.

Je le contourne, et m'avance vers le lieu où je sais que son cheval attend. Attaché à un arbre, il mange les feuilles des branches basses, paisible. Une bête qui ne sort pas de l'ordinaire, mais dont la musculature trahit le caractère nomade.
Un instant, je me tourne vers Léandre, qui m'a suivi en m'adressant encore des paroles que je ne prends plus la peine d'écouter. Je sonde son regard. Cet animal serait ton seul compagnon ? Le considères-tu seulement à sa juste valeur ?

En m'approchant encore, je remarque qu'il s'agit d'une femelle. Dans son regard il y a quelque chose d'infiniment doux.
Mais... la sangle de sa selle l'a blessé au flanc.
J'effleure son encolure. Elle secoue la tête de haut en bas en soufflant dans ses naseaux. Je n'entends plus du tout Léandre, derrière moi. Je sais qu'il parle encore, et qu'il va continuer. Je sais qu'il va vouloir prendre sa jument, et s'en occuper. Si je le fais à sa place, je ne pourrais plus le surveiller...
Je le laisse alors... détacher sa monture, lui adresser une rapide tape sur la pointe de l'épaule et une autre sur le poitrail.
Il s'éloigne, et repart vers le groupe, d'un pas peu assuré. Je marche derrière la jument. Son pas est stable, les aplombs de ses postérieurs sont un peu cagneux, mais rien de particulièrement gênant pour l'instant.

Et lui... il continue de parler.
Il ne se tait enfin que lorsqu'Alecto est à portée de voix. Je le rejoint en quelques pas et lui prend les rênes des mains.
Rapidement, je débarrasse la jument de sa selle et observe ses flancs. Léandre me regarde faire. A-t-il au moins remarqué sa blessure ?

Je me tourne vers lui, et désigne du doigt ma mallette. Selon ce qu'il fera, je saurais à quoi m'en tenir.


Dim 3 Mai 2009 21:24
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Âge : 25 ans
Activité : Majordome de la famille
» Re: Et si ? Tzigane !
Le sol s’est rapproché rapidement et je me retrouve assis alors qu’il me tend la main. Pourquoi m’avoir fait tomber si c’était pour me relever aussitôt. Pour montrer sa force peut-être ou bien pour me démontrer que je ne pouvais rien contre lui, ou encore parce qu’il ne veut pas être dirigé. Oui cette dernière hypothèse semble la bonne puisqu’il se dirige vers le cheval.

Il la flatte alors que je m’approche et je sens son regard sur moi à quelques occasions. Il se demande ce que je vais faire et ce que je peux faire. Mais pourtant ce n’est pas quelque chose de facile à savoir, penses-tu réellement être à la hauteur pour me surveiller constamment ? Si seulement tu savais ce qui m’a fait venir avec vous. Mais non, tu ne le sauras que si tu le demandes et comme tu ne parles pas…

Ton attitude de plus en plus effacée m’exaspère et je continue à parler sur le chemin du retour. Toi aussi tu finiras par me faire entendre le son de ta voix. Je te le promets.

Je regarde ma jument alors que tu détaches la selle. Oui, elle est légèrement blessée et tu me montres la mallette. Alors tu veux la soigner ou bien que je m’en charge, très bien si c’est ce que tu désires…

Je prends la poignée dans ma main et ouvre l’objet sans un mot pour une fois. J’en sors un flacon totalement au hasard et te le tends. Je sais que ce n’est certainement pas ce qu’il faudra pour panser la plaie.

- Ce n’est pas étiqueté, je ne peux savoir. Mais je t’en prie, dis-moi si c’est le bon !

J’attends la réponse qui, je commence à le deviner, ne viendra pas. Il va préférer prendre le bon flacon, le bon produit et ne pas me parler. Ou bien me prendre la mallette des mains et me demander sans un mot de soigner moi-même la jument.

Je peux le faire bien entendu, je l’ai déjà fait et je le referais après les avoir quittés. Mais pour le moment, j’ai besoin d’entendre sa voix. C’est un besoin de plus en plus impérieux et j’attends avec impatience de savoir s’il va enfin parler.

Car sous cette façon de se taire, je sens autre chose, quelque chose de plus lointain, de plus profond. Oui, sa voix est la clé pour moi. S’il parle peut-être oubliera-t-il les seringues ?

Ce n’est pas certain, mais il y a dans ses yeux un détail qui me le fait penser. On n’en vient pas à ça sans une raison et cette raison peut avoir entrainé cette autre chose. Cette façon d’être loin du monde, loin de tout.

Parleras-tu tsigane ?

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Dim 17 Mai 2009 12:02
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Âge : 22 ans
Liens : Tsigane - Frère Jumeau d'Alecto
Activité : Prestidigitateur
» Re: Et si ? Tzigane !
Un flacon au hasard.
Pourquoi me tend-il un flacon au hasard ? Est-ce qu’il ne réfléchit jamais de façon pratique ?
Sa volonté de m’entendre parler tourne presque à l’obsession. Ça le pousse à agir stupidement.
Je lui prend des mains le flacon, sans le regarder, et vais moi-même chercher la mallette pour la ramener près de la jument. Avec quoi pensait-il que j’aurais appliqué le liquide sur la plaie ? Je préfère ne pas imaginer les effet de ce mélange versé directement dans le sang de la bête.

De l’alcool sur une compresse suffira pour nettoyer.
Il me regarde faire, contrarié, et suit des yeux mes doigts lorsqu’ils appliquent cet onguent dont je suis désormais le seul à avoir le secret. La plaie sera refermée dès demain.

Parfait.
Je libère la jument, et la laisse aller à son grès. Je sais qu’elle ne s’en ira pas. Elle restera près des autres, et de son compagnon humain.

De loin, Alecto nous jette parfois des regards graves, teintés d’une méfiance volontairement montrée. Mais Léandre reste toujours concentré sur moi. Comme s’il n’avait rien d’autre à se préoccuper que de me faire parler.
A quoi bon, puisque c’est inutile ?
Le son de ma voix n’a pas d’importance. Et le tiens n’a plus pour effet qu’un assourdissement lointain.

Mes yeux suivent du regard la jument qui s’éloigne, le nez au sol, mâchouillant l’herbe entre ses dents d’un air calme, comme si sa présence au milieu d’une troupe qu’elle ne connaît pas ne la perturbait pas le moins du monde. Peut être a-t-elle l’habitude de passer d’un camp à l’autre.
D’où viens-tu, Léandre ? Je ne parviens pas à le voir…

Je sens son regard sur moi, et sa patience filer plus vite encore que lui-même n’aurait pu imaginer. Il serre le poing, peut être sans s’en apercevoir. Il déteste mon Silence. Il déteste que mon visage reste toujours neutre.
Je ne souris qu’en costume de scène. N’est-ce pas significatif ?
Certaines choses ne sont faites que pour tromper.

Regarde toi. Ton costume, tu en oublie de l’enlever. Je n’ai même pas besoin de te regarder pour sentir ta terreur. Tu n’es conscient de rien.

« Je sais que tu n’es pas muet. Pourquoi tu t’obstine dans ton silence ? Ne réponds-tu jamais aux questions qu’on te pose ? »

L’énervement se sent un peu plus dans sa voix. Je me tourne vers lui pour plonger mes yeux dans ses prunelles d’or.
Un tsigane solitaire… Peut être a-t-il été banni. Peut être a-t-il fuit quelque chose.
Des éléments m’échappent. J’ai besoin de mes drogues. Une simple inhalation du mélange qu’il m’a tendu par erreur m’aiderait.
Mais le risque est trop important. Je ne peux pas baisser une seconde ma vigilance. Qui sait ce qui résulterait de mon acte ?

Ses pupilles, doucement, se dilatent, sous une tension excitante, une impatience de moins en moins dissimulée.
Et pourtant, il s’est tu.
Il soutient mon regard, plus gravement qu’il ne s’en croirait capable s’il était concentré sur lui-même.
Il cherche à me sonder, espérant sans doute découvrir quelque chose à travers ce qu’il pense être mon masque. Mais rien ne se passe ici. Il n’y a aucune des futiles sensations que tu cherches. Ce n’est pas un masque. Je n’ai simplement rien à dire.

Je sais. Tu fais partie de ces gens qui s’intéressent à l’inintéressant dans l’espoir d’y trouver ce qu’ils ont passé leur vie à chercher.
Mais s’il n’y avait rien ailleurs, il n’y aura rien de plus ici.


Mar 19 Mai 2009 12:00
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